Hogwarts' Tomorrow

Hogwarts' rebirth
 
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 Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)

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Ricardo Queiros Lopes
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MessageSujet: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 22:33

La porte de l'infirmerie s'ouvrit doucement, et Ricardo laissa Eileen passer, lui indiquant d'un signe de la tête les portes à l'autre bout de la salle. Après avoir refermé derrière elle, il la guida vers son bureau, petite pièce au mobilier succinct, composé d'une armoire, d'une table et d'une chaise uniquement. L'attirail de potion qu'il avait ajouté les années précédentes avait été supprimé - il s'en chargeait plutôt dans sa chambre à présent, conjurant ce dont il avait besoin au moment voulu - et la pièce avait retrouvé sa taille initiale - comme avant que Mme Pomfrey ne l'agrandisse d'un coup de baguette magique - c'est à dire qu'elle était minuscule.

A peine entré, l'infirmier conjura un siège supplémentaire, un fauteuil à accoudoirs tapissés, pour qu'Eileen s'y installe, puis il ferma la porte derrière eux. Il avait gardé le silence le temps qu'ils montent les escaliers et hésitait à présent à le briser. Les larmes qu'elle avait versées étaient venues par sa faute, et bien qu'elle ait esquissé un sourire par la suite, elles restaient gravées dans sa mémoire.

En s'installant face à elle sur la chaise de bois qu'il occupait régulièrement, il fit apparaître un feu dans le petit âtre derrière lui, et une théière en métal ouvragée, dont s'échappait un délicat parfum de menthe, ainsi que deux verres droits, engoncés dans deux supports d'inox travaillés sur la table. La théière servit toute seule le thé à la menthe - la boisson préférée d'Eileen du temps où ils étaient ensemble - et une tasse s'approcha de la jeune femme, la laissant libre de l'accepter ou non. Outre ces boissons, sur le bureau, trônaient un classeur pourpre sans aucune mention indiquant son contenu et un bocal d'essence de tentacules de murlap qui semblait devoir servir régulièrement.

Mais Ricardo ne croisait pas le regard de l'ancienne gryffondor. Et comment pourrait-il la regarder en face de toute manière ? Il posa les coudes sur la table et croisa les doigts, appuyant son front sur ses mains jointes. De longues minutes s'écoulèrent dans un silence pesant, pendant lesquelles le professeur de vol aurait cent fois pu sortir si elle l'avait souhaité, et le jeune homme ne bougeait pas. A présent qu'il repensait à tout ce qui s'était passé en tenant compte de ce qu'elle venait de lui dire dans le parc, il ne pouvait plus faire abstraction de la petite voix qui lui hurlait depuis le début qu'elle n'était pas la seule à blâmer. Et être de mauvaise foi et faire souffrir des personnes dont on n'a cure, ça n'était pas si terrible, mais lorsqu'il s'agissait de la personne qu'on aimait, la seule en qui on ait jamais eu confiance, c'était plus difficile à supporter.

Toutes les excuses du monde n'auraient jamais pu effacer ces deux années, il le savait, mais que pouvait-il dire d'autre ? Fixant encore le bois de la table, il murmura simplement :

- Je suis désolé...

Et puis, réalisant à quel point c'était inutile et inconvenant dès lors qu'il ne prenait pas la peine de la regarder dans les yeux, il posa les avant-bras sur la table, les doigts toujours croisés, et redressa la tête pour plonger son regard sombre dans celui d'Eileen.

- Je suis désolé, Eileen. C'est plus facile de se convaincre qu'on est le seul à souffrir et de se complaire dans sa frustration que d'admettre qu'on a pu avoir tort...

Ces mots-là, il ne les aurait jamais prononcé à qui que ce soit d'autre. Mais face à celle qui avait partagé chaque événement de sa vie pendant tant d'années, ils étaient venus presque naturellement. Presque. Mettre sa fierté de côté cinq minutes lui en coûtait toujours, mais c'était bien parce que c'était elle qu'il arrivait à le faire...

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Eileen McKrown
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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 22:36

Eileen avait suivi silencieusement Ricardo dans l'escalier, comptant inconsciemment les marches et les étages. Fort heureusement pour eux, les escaliers ne leur jouèrent pas de tour. Sans doute avaient-ils compris que ce n'était pas réellement le moment... Pourtant, Merlin savait ce qu'ils avaient pu leur en jouer des tours, les menant un jour à l'aile ouest... Fort heureusement, il ne s'y trouvaient alors ni Miss Teigne, ni Rusard et ils avaient pu redescendre l'escalier et attendre qu'il bouge à nouveau. C'était le bon temps... Ils se tenaient alors encore par la main, se faisaient des petits bisous dans le cou, éclataient de rire pour un rien... Cette époque lui manquait réellement. Plus qu'elle n'aurait su l'avouer, à dire vrai.

Elle revint à la réalité en foulant du pied le troisième étage et retint une petite remarque, qui, en cet instant aurait fait tâche entre eux. Elle aurait pu, certes, détendre l'atmosphère, mais elle préférait n'en rien faire.

*Tiens... Il n'avait pas dit le quatrième?* se contenta-t-elle de remarquer mentalement.

Oui... C'était mieux en le gardant pour elle. Lorsque les choses se seraient tassées, si elles se tassaient un jour, elle pourrait en faire la remarque. Elle le laissa prendre un peu d'avance pour l'observer de dos. Il était vraiment toujours aussi beau. Elle avait eu la chance de rencontrer son idéal dans l'enfance. Chance ou malchance puisqu'elle ne parvenait pas à tourner la page... Elle le rattrapa au moment où la porte s'ouvrait et où il l'invitait à passer devant lui. Comme si sa main obéissait à sa volonté propre, elle caressa celle que Ricardo avait posée sur la poignée de la porte, provoquant en la jeune femme un délicieux frisson. Il avait toujours suffi de si peu pour qu'il la fasse frissoner de bien être... Ce que les autres n'étaient jamais parvenus à faire...

La jeune femme s'avança donc dans l'infirmerie, entre les lits disposés des deux côtés. Elle s'arrêta tout à coup devant le 3e lit sur la gauche en partant du fond. Elle revoyait encore Ricardo alité à cause du cognard. Sa main effleura doucement le pied du lit comme elle l'avait tant de fois fait alors qu'il était là à dormir. Non, ses visites en s'étaient pas espacées après le match. C'est jsute que, comme il ne voulait plus la voir, elle venait aux heures où il dormait. Mme Pomfrey l'avait accepté, bien qu'elle ne l'eut pas réellement compris. Mais, lorsqu'elle avait vu les larmes d'Eileen lorsque celle-ci lui en avait fait la requète, elle n'avait pu s'y opposer, tant sa détresse était forte. et quelle n'avait pas été sa surprise lorsqu'un soir elle avait trouvé ce lit vide... Elle avait eu peur et s'était précipité vers les appartements de l'infirmière.

>>> "Où est passé Ricardo? Il n'est plus dans son lit! Lui est-il arrivé quelque chose de grave?" avait-elle demandé à celle-ci après qu'elle lui eu ouvert, sa longue chemise de nuit rapidement dissimulée sous une robe de chambre.

>>> "Tu n'es pas au courant? Oh! Désolée ma belle... Viens..."avait-elle répondu en la faisant entrer et s'asseoir sur le lit défait.

Eileen, au comble de l'inquiétude s'était alors assise et avait attendu la réponse de Mme Pomfrey. Elle avait eu tellement peur qu'il ne soit arrivé quelque chose de grave que, quand elle lui avait dit que Ricardo était retourné dans son dortoir, un sanglot nerveux s'était emparé d'elle. Il semblait ne plus vouloir se terminer, aussi l'infirmière avait-elle donné à la septième année un léger somnifère en la forçant à passer la nuit à l'infirmerie.

Eileen secoua la tête et revint au présent. Elle reprit sa marche vers le bureau de Ricardo. Lorsqu'il l'ouvrit, elle ne put dissimuler sa surprise. De même qu'elle n'avait pas le moins du monde dissimulé son trouble quelques minutes auparavant. Le bureau avait sacrément rétréci depuis la dernière fois qu'elle y était venue. Mais ce n'était pas là l'important. Elle en observa le mobilier, si froid, si impersonnel jusqu'à ce qu'il ne fasse apparaitre un fauteuil pour elle. Elle profita de ce qu'il était occupé pour faire le tour de la pièce lorsqu'elle tomba en arret devant un classeur pourpre. Aucune indication de ce qu'il contenait. Pouvait-elle scéder à la curiosité? Elle était un ancienne Gryffondor, après tout... Et ce classeur semblait l'appeler.

Alors que Ricardo avait le dos tourné, elle l'ouvrit et tomba sur des coupure de journaux sorciers sur elle et sur l'équipe d'Ecosse. elle leva un regard brûlant sur le dos de Ricardo et se hâta de refermer l'objet. Si le jeune homme posait son regard dessus, il pourrait tout de suite voir qu'il avait bougé. Eileen revint alors rapidement s'asseoir sur le fauteuil et s'absorba dans la contemplation du feu. Ce ne fut qu'en entendant le verre crisser sur la table qu'elle tendit une main légèrement tremblante pour le prendre.

*Il s'en est souvenu...* songea-t-elle nostalgique.

Cette soirée recelait réellement bien des surprises... D'abord les retrouvailles au parc, leur dispute, le classeur, le thé à la menthe... Chacun semblait vouloir éviter le regard de l'autre dans un premier temps, Eileen regardant le feu, Ricardo regardant lui seul savait quoi. Oui, vraiment, cette soirée recelait encore bien des surprise. Elle n'osait rompre le silence. Elle avait pourtant tant de choses à lui dire... Elle aurait pu, certes, sortir. Mais elle n'en avait aucune envie. Elle avait envie de rester là, près de lui, de le tenir dans ses bras. Elle finit par retourner la tête vers lui et par prendre la parole, au même moment que lui.

"Je suis désolée..."

Elle aurait sans aucun doute éclaté de rire s'il n'avait alors relevé vers elle un visage si sérieux. Elle le regarda, interloquée, toutes les émotions qu'elle avait ressenties jusque là parfaitement visible sur son visage. Lui qui la connaissait si bien ne pouvait que lire chacune de ces sensations qu'elle avait épruvées jusqu'alors. Il reprit la parole, s'excusant de nouveau:

"Je suis désolé, Eileen. C'est plus facile de se convaincre qu'on est le seul à souffrir et de se complaire dans sa frustration que d'admettre qu'on a pu avoir tort..."

Elle tendit alors la main par dessus la table et la posa sur celle de l'infirmier. De nouveau, un frisson la parcourut toute entière. Ce fut d'une voix grave et pourtant d'une douceur inouïe qu'elle répondit:

"Tu n'es pas plus fautif que moi, Ricky. Notre seul tort, à l'un comme à l'autre est de n'avoir pas su rompre ce silence plus tôt..."

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Ricardo Queiros Lopes
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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 22:41

- Je suis désolée...

Ricardo n’avait pas entendu ces mots, plongé dans ses propres réflexions et concentré sur l’effort que lui demandait ce qu’il cherchait à dire. Peut-être se serait-il arrêté dans son élan s’il les avait notés, peut-être l’aurait-il engagée à poursuivre avant de se décider à parler. Mais il n’en était rien, et quand la jeune femme répondit doucement, posant une main sur les siennes, il resta un long moment interdit, à la fixer. Est-ce que ça pouvait réellement être aussi simple que ça ? Est-ce que de simples excuses pouvaient vraiment réparer deux années si lourdes ?

- Tu n'es pas plus fautif que moi, Ricky. Notre seul tort, à l'un comme à l'autre est de n'avoir pas su rompre ce silence plus tôt...

L’infirmier baissa le regard sur la main de la jeune femme qui enveloppait à présent la sienne. C’était étrange de se retrouver de nouveau dans une situation qui autrefois leur avait paru parfaitement naturelle, et qui aujourd’hui, plus encore avec la conversation qu’ils entretenaient, semblait des plus farfelues. Ils venaient de se hurler dessus, et voilà qu’elle posait simplement sa paume sur les siennes, comme si rien n’était arrivé. Il avait bien vu qu’elle s’était arrêtée au lit qu’il avait occupé de longues journées – combien exactement, il ne s’en souvenait plus – et avait passé ses doigts sur la rambarde de métal à son pied. Comment avait-elle pu garder un tel élément de détail en mémoire ? Comme lui-même se souvenait de son goût avéré pour certaines choses anodines, sans doute… et pourtant tout ça lui semblait tellement saugrenu. Même la façon dont elle disait les choses, rajoutait un poids à ce qu’il avait fait et lui laissait un goût amer dans la bouche : elle partageait les torts, alors qu’il avait toujours tout rejeté sur elle, et que c’était lui qui avait instauré ce silence entre eux.

- Eileen…

Une de ses mains quitta la table et passa dans ses cheveux. Geste récurrent manifestant généralement son embarras ou une attente particulière. En l’occurrence, il ne savait plus tellement comment réagir. Pour elle tout semblait si simple… Pourquoi devait-ce être tellement compliqué pour lui ? Pourquoi ne pouvait-il tout simplement pas faire abstraction du passé pour se consacrer à cet instant, et profiter d’être de nouveau face à elle ? Son regard s’enfuit encore à sa droite, et tomba sur le classeur qu’elle avait manifestement touché. Feuilleté sans doute. Ricardo resta un instant songeur, se demandant ce qu’il devait craindre de ce qu’elle y avait découvert, et s’il devait estimer cela comme une violation de sa vie privée. Cette pensée l’interpella un instant. Depuis quand estimait-il que ce qu’elle voyait de lui ne la regardait pas ? Il fut un temps où elle savait absolument tout, et où ça ne le dérangeait pas le moins du monde… Il en savait pourtant pertinemment la réponse, aussi douloureuse soit-elle…

« Elle est venue hier. Encore… »
« Ca va, Sean… »
« Tu n’iras pas lui parler ? »
« J’ai dit : ça va ! »


Sean avait levé les mains comme pour s’innocenter, mais Ricardo savait ce qu’il pensait à ce moment-là. Que c’était idiot de la laisser dans l’expectative, alors qu’il avait été le premier à la défendre quelques années auparavant. « Tu sais ce que les autres vont dire, n’est-ce pas ? », avait-il ajouté la dernière fois. « Que ça y est, le Serpy a fini de jouer avec la Gryff. Et qu’il a perdu. » Il l’avait repoussé. C’était pourtant son meilleur ami, mais il n’avait pas voulu l’écouter. Et il avait raison pourtant. Leur séparation faisait l’objet de nombre de conversations parmi les élèves de dernière année, d’autant que personne n’en connaissait les détails, donc tout le monde les inventait. Et pour cause, il n’y avait jamais vraiment eu de séparation. Il avait juste cessé de lui parler, sans explication, sans dispute, rien. Il avait senti plusieurs fois son regard brûlant de l’envie qu’il lui adresse ne serait-ce qu’un mot qui aurait pu leur permettre d’en discuter, mais jamais il n’avait lancé la conversation sur ce terrain. D’ailleurs, ses réponses étaient laconiques, et au fur et à mesure, il avait fini par garder le silence presque systématiquement, refusant de lui adresser un regard, si ce n’est glacial. Si bien qu’au final, elle n’était plus venue.

C’était de là que tout avait commencé, lui semblait-il. Il avait monté brique par brique ce mur d’indifférence et de silence entre eux, et en avait déposé la dernière en quittant l’infirmerie sans l’en avertir. Après ça, elle ne lui avait plus reparlé. Pas même pour ce poste de gardien qu’elle lui proposait aujourd’hui. Pas même sur le quai pour quitter Poudlard, à la fin de cette dernière année. Et il n’avait pas cédé. Il ne lui avait même pas dit au revoir, et c’était peut-être ce qu’il lui avait fait de plus cruel. Pour elle, comme pour lui. Le jour du départ avait été une véritable de torture pour sa résolution de ne plus lui adresser la parole. Parce que monter dans le train à la locomotive rouge, et arpenter les plaines britanniques jusqu’au quai 9 ¾ de la gare de King’s Cross, ça rappelait toujours le trajet inverse, le tout premier, celui qui les avait pour la première fois amenés à Poudlard, pour la première soirée au château et la cérémonie de répartition. Parce que sans le savoir, il avait pour la première fois croisé le regard de celle qui hanterait ses pensées des années durant pour la première fois dans un wagon du Poudlard Express, et que monter de nouveau dans ce train ranimait toute une foule de souvenirs oubliés. Parce que tous ses petits riens, toutes ces premières fois que ce départ rappelait - première chocogrenouille avalée, première robe de sorcier passée, premier contact avec un enfant anglais aussi - insignifiantes alors, étaient inextricablement liées à ce qu’il se passait à présent – parce que rien n’arrive jamais par hasard, et que tout finit toujours par trouver son sens – mettaient du sel sur une blessure encore à vif. Sans s’en rendre d’abord compte, il avait été droit au wagon qu’il avait occupé à son premier voyage. Il l’avait trouvé vide, et avait décidé de s’installer contre la fenêtre, ce qu’il regretta dès l’instant où la porte s’ouvrit. Un instant leur regards s’étaient croisés. Un instant encore, il avait failli se lever et la prendre dans ses bras. Peut-être l’aurait-il fait si elle avait été seule et avait ne serait-ce qu’esquisser un geste vers lui. Mais certains de ses amis l’accompagnaient, et il s’était détourné aussitôt, fixant la vitre sans vraiment voir le paysage sur lequel elle s’ouvrait. Elle avait claqué la porte, ou c’était un des autres, il n’avait même pas regardé. Il n’avait même pas tourné la tête de tout le trajet, et avait fermé le rideau afin qu’on ne le voie pas de l’extérieur. Il était en colère contre elle à ce moment-là, certes. Mais il savait aussi ce qu’il avait perdu. Et des larmes avaient coulé. Ca ne pleure pas un homme dit-on. Non, pas devant autrui. Mais ça ne veut pas dire qu’un homme ne ressent rien.

Le regard de Ricardo se fixa de nouveau sur le classeur… Depuis combien de temps était-il resté ainsi, les yeux dans le vague ? Il retourna lentement son visage vers Eileen. Sa main était toujours posée sur la sienne. D’un mouvement du visage, il désigna le classeur, et demanda à l’ancienne Gryffondor si elle l’avait lu. Question rhétorique étant donné sa position, mais son ton ne dénotait aucune agressivité. C’était une manière comme une autre de reprendre la conversation qu’il avait laissé en suspens juste avant. Non. Qu’il avait stoppée net il y a deux ans.

- Il y a des choses qu’on ne peut pas s’empêcher de faire, même si c’est mauvais pour soi, puéril, ou tout simplement inutile…

Ca désignait le classeur, qu’il avait tenu à jour sans trop bien savoir à quoi ça le mènerait, mais il se rendit compte en prononçant ces mots que ça désignait bien plus que cette simple collection d’articles. Tout ce qu’il avait fait, ces deux dernières années, pouvait être ainsi résumé. Son refus de remonter sur un balai notamment, pouvait être rangé dans la catégorie des réactions puériles…

- Et tu dis que tu aimes un idiot pareil ?

Elle le connaissait suffisamment pour déceler le sens réel de cette phrase. C’était lâche, sans doute, de se cacher derrière des sous-entendus pour éviter d’avouer les choses clairement. Lui faire répondre à une question où il sous-entendait ce qu'elle avait tout à l'heure voulu taire, c'était même détestable. Mais lui dire qu’il l’aimait, qu’il l’avait toujours aimée, malgré tout, même s’il avait agi comme un imbécile, alors même qu’elle s’était reprise à ce sujet, c’était prendre le risque de la voir refuser ses sentiments. Il lui avait tellement de mal aussi, que ça n’en serait guère surprenant, mais il n'était pas prêt à l'entendre...

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Eileen McKrown
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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 22:42

Chacun d'eux semblait s'être absorbé dans ses pensées. Seul le crépitement des flammes venait interrompre le silence qui régnait sur la pièce. Il ne s'agissait pourtant pas d'un silence aussi lourd que celui du parc. Non... Là, c'était un silence où ils se rappelaient de leurs moments passés ensemble, les meilleurs, comme les moins bon. Un petit sourire passa sur les lèvres de la jeune femme lorsqu'elle pensa à la fois où elle l'avait défié d'entrer dans la foret. Il y était, au départ, allé à reculon et elle avait décidé de passer devant. Il lui avait alors semblé entrevoir une ombre menaçante devant elle. Alors en 2e année, elle avait eu la peur de sa vie et poussé un hurlement du tonnère. Ricardo était alors apparu derrière elle et la fillette s'était blottie dans les bras du garçon auprès duquel elle s'était sentie en sécurité.

"Eileen..." l'entendit-elle dire.

Elle releva un instant la tête vers lui, mais il s'était aussi vite replongé dans ses pensées. L'explication n'était, visiblement, pas pour tout de suite. Elle l'observa un instant, sa main toujours sur celle de l'infirmier puis baissa le regard sur cette main. Cette main qu'elle avait attrapé ce jour-là et n'avait plsu lâché ensuite. Après qu'il l'eut rejointe, elle avait déposé un baiser sur sa joue en rougissant et en bredouillant. La petite Gryffy risque-tout n'était alors qu'une façade... Mais il était le seul à savoir. A savoir qui elle était réellement. A savoir que derrière l'apparence forte qu'elle donnait à voir à tous se cachait en fait une petite fille fragile qui avait désespéremment besoin qu'on l'aime. Et ça, il l'avait compris. Et, aidée de lui, elle avait su évoluer pour donner le meilleur d'elle-même. Jusqu'à...

>>> "Eileen!"
>>> "Sean? Que fais-tu là? Tu m'évites toujours..."
>>> "Je crois que... enfin... Il a décidé de tourner la page. Je crois..."
>>> "Qu'est-ce que tu veux dire par là?"lui avait-elle demandé en se mettant à trembler.
>>> "Il ne veut plus te voir..."

A ce moment-là, il était encore à l'infirmerie. C'était de cette conversation qu'elle avait décidé de ne plus venir que lorsqu'il dormirait. ce qu'elle avait mis en pratique... Deux larmes coulèrent de ses yeux à ce douloureux souvenir et sa main se resserra sur celle de Ricardo. Sean lui avait dit ce jour-là ce qui lui avait toujours fait le plus peur. Qu'il ne veuille plus entendre parler d'elle. Eileen avait été heureuse que l'année de Quidditch soit terminée. Elle n'aurait plus pu y jouer, de toute façon... Plus à Poudlard, en tout cas. Elle s'était enfermée dans un autre monde, était devenue une ombre d'elle-même. Elle avait eu, suite à cela, une période où elle semblait toujours à deux doigts d'en finir avec la vie. Mais ça, il ne le savait pas. Et c'était pour ne pas qu'il sache dans quel sombre univers elle avait plongé qu'elle n'avait jamais rien fait.

A chaque fois qu'elle le croisait dans les couloirs, après ça, elle le regardait de loin mais, dès qu'elle s'approchait, elle détournait le regard. Elle ne pouvait supporter de croiser le regard de Ricardo. Elle savait que, si elle avait le malheur de le faire, toutes les barrières qu'elle s'était construites s'effondreraient tel un château de cartes. Alors elle s'était mise à l'éviter. Même si elle n'avait qu'une envie, le voir. Mais elle ne pouvait se résoudre à briser ce mur de silence qu'il avait lui-même construit. Etait alors arrivé le dernier repas de l'année. L'annonce des vainqueurs de la coupe des quatre maisons et du tournoi de Quidditch. Gryffondor et Serpentard avaient eu le même nombre de points. Premiers aexecos. C'était une première dans l'histoire de Poudlard. Pour le tournois, c'était Gryffondor qui avait gagné haut la main. Eileen en avait eu presque honte, alors qu'autour d'elle, c'était la grande joie. Tout le monde la félicitait. Elle pourtant, ne faisait que regarder vers la table des Serpentards. Pour une fois, elle voulait croiser son regard pour qu'il voit à quel point elle était désolée. Elle-même avait déjà reçu sa lettre pour intégrer l'équipe d'Ecosse. Son avenir était tout tracé. Mais celui de Ricardo?

Mais elle n'avait pas croisé son regard, ce soir-là. Et le lendemain, c'était le retour en train. Entourrée de tous ces joyeux lurons de Gryffondor qui avaient fait la fête toute la nuit, elle était montée dans le train, et ses pas l'avaient menée vers ce wagon, wagon qu'elle avait occupé avec lui à partir du moment où ils avaient commencé à sortir ensemble. Elle avait cru qu'il ne serait pas là. Elle n'avait pas regardé en ouvrant la porte du compartiment. Et il était là, contre la vitre. Elle était restée un instant sur le pas de la porte, les joyeux lurons derrière elle s'étaient tus. Le silence s'était installé le temps d'un croisement de regards et il avait détourné la tête. L'un des amis d'Eileen la tira alors en arrière et claqua la porte.

>>> "Il n'en vaut pas la peine, s'il te lâche par simple orgueil... Tu mérites mieux que ça..."

Et il l'avait entrainé à sa suite, la horde derrière et ils s'étaient tous installés ailleurs. C'était la dernière fois qu'elle avait vu Ricardo avant son retour à Poudlard en tant que prof. La jeune femme cligna des paupières. Celles-ci la brûlaient de trop de larmes contenues. Elle avait pleuré presque tous les soirs depuis son départ de Poudlard et leur séparation. Cela, personne ne le savait. Elle avait précieusement gardé toutes leurs photos et celles-ci emplissaient les murs de son petit appartement dupleix d'Edimbourg. Ricardo reprit alors la parole, le regaard posé sur le classeur. Il lui demanda si elle l'avait lu. La jeune femme haussa les épaules.

"Il m'a attirée comme un aimant. Je l'ai juste feuilleté. J'ai vu les articles, mais non, je n'ai rien lu..."

"Il y a des choses qu’on ne peut pas s’empêcher de faire, même si c’est mauvais pour soi, puéril, ou tout simplement inutile…"

Elle esquissa un petit sourire triste et se contenta de répondre:

"Je sais. On ne peut pas s'empêcher de se faire du mal à soi-même..."

Elle secoua tristement la tête, sa main toujours sur celle de Ricardo. Elle desserra quelque peu son emprise mais garda le regard posé sur leurs deux mains l'une sur l'autre. Cela faisait bizarre. Deux ans que ce n'était plus arrivé.

" Et tu dis que tu aimes un idiot pareil ?"

Un petit rire s'échappa de sa gorge. Il était doux, presque timide. De nouveau, la pression sur la main de Ricardo se rafermit un instant avant que la jeune femme ne le lâche et ne se lève pour s'approcher de la cheminée à côté de laquelle elle s'agenouilla. Elle n'osait pas le regarder pour prononcer cette phrase qui lui brûlait la gorge. Comment allait-il réagir?

"Et bien... Les idiots n'ont-ils pas le droit d'être aimé comme les autres?"demanda-t-elle en éludant la question avant de retourner la tête vers lui.

Elle affichait, cette fois, le petit air décidé qu'elle prenait toujours avant de pénétrer sur un stade de Quidditch pour un match.

"Oui, je t'aime toujours."fit-elle simplement avant de rapidement se détourner pour replonger son regard dans l'âtre.

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Ricardo Queiros Lopes
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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 22:45

Pendant quelques instants, il n’avait rien trouvé à répondre quand elle avait expliqué quelle avait simplement feuilleté le classeur, ni quand elle avait précisé avec philosophie qu’on ne pouvait s’empêcher de se faire du mal à soi-même, et à vrai dire, il n’en avait guère envie. Il craignait que ce qu’il pourrait ajouter brise ces quelques instants de calme et d’intimité qu’ils arrivaient à s’octroyer. Il ne détachait pas son regard de la jeune femme, comme si le moindre mouvement, la moindre parole pouvait détruire ce qu’ils essayaient - peut-être en vain - de reconstruire.

Quand elle rit - après la question qu’il avait eue tant de mal à poser, et qui était d’ailleurs formulée de façon maladroite - puis se leva, il resta un moment interdit, sans encore oser faire un geste, puis, les coudes toujours sur la table, il passa ses deux mains derrière sa nuque, posant la tête contre le bois du bureau. Etait-il à ce point ridicule ? Il avait pourtant senti sa main serrer un peu plus la sienne avant qu’elle ne se lève, mais quelle signification pouvait-il y donner ? Tout ça était inutile. Il aurait mieux fait de ne rien dire, ça lui aurait évité bien des désagréments. Trop de temps avait passé pour que quoi que ce soit puisse réellement être rebâti, ça ne servait à rien de se faire des illusions.

Quelque part, au fin fond de sa mémoire, il revit le visage de sa mère qui n’avait d’abord pas compris le pourquoi de sa froideur à son retour de Londres. Surtout quand elle lui avait demandé si Eileen passerait quelques temps à la maison cet été, qu’elle puisse prévoir d’être là, et non au Portugal. En bonne sorcière, elle avait fini par aller chercher d’elle-même les informations que son fils préférait lui taire.

« Mamã ! Pare ! »
« Ricardo, si tu ne m’expliques pas ce qui se passe, je trouverai les réponses par moi-même ! »
« J’aurais dû commencer l’apprentissage de l’occlumencie il y a bien longtemps… »
« Tu devrais surtout essayer de lui reparler avant la rentrée. Plus tu attends, et plus ce sera difficile. Il se pourrait bien même que ça devienne impossible… »


Il lui avait jeté un regard noir et avait claqué la porte. Elle n’avait rien dit, ni à cet instant, ni pendant les jours qui avaient suivi, jusqu’à son départ pour le Portugal. A l’époque, il ignorait que si elle avait parlé avec autant de cœur, c’était qu’elle avait vécu quelque chose d’identique, il y avait maintenant bien longtemps. Elle avait fini par le lui avouer le jour de son départ pour le Portugal. Son dernier voyage, dont elle ne devait jamais revenir.

« Perdre celui qu’on aime par fierté, c’est la pire chose qui soit. Ton père et moi nous étions disputés, et séparés, quelques années avant sa mort. Je n’ai jamais eu l’occasion de lui dire à quel point je l’aimais, ni même qu’il avait un merveilleux fils. Ne fais pas les mêmes erreurs que moi. Parle-lui. »

Elle lui avait souri, d’un air engageant. Il n’avait rien dit, mais l’avait embrassée, et elle était partie. Il n’avait que rarement entendu parler de son père. Pour que sa mère le mentionne, il fallait qu’elle juge qu’il s’agissait là de quelque chose d’important, de particulièrement important même. Tout ce qu’il savait, c’est qu’il était britannique, d’où le fait qu’elle se soit installée dans la région avant son entrée à Poudlard, et qu’il était mort quelques années après sa naissance. Il n’avait jamais su son nom, et il n’avait pas vraiment posé beaucoup de questions non plus. Quand il s’agissait de les éluder, sa mère était une championne…

- Et bien... Les idiots n'ont-ils pas le droit d'être aimé comme les autres?

La voix de l’ancienne griffondor, une fois encore, le ramena à la réalité. Le front encore plaqué contre le bois, il rouvrit les yeux qu’il avait fermés et se redressa lentement, reposant ses bras sur la table. Elle le regardait, et dans ses yeux pétillait le même éclat que quand, le souaffle en main, elle devait marquer un but particulièrement délicat, ou quand elle entrait tout juste sur le terrain, prête à en découdre, comme si elle le mettait au défi de répondre quoi que ce soit. En l’occurrence, il était trop estomaqué pour rétorquer ne serait-ce qu’un mot insignifiant. La question, sortie de son contexte, pouvait sembler anodine, et même complètement saugrenue, mais dans la situation présente, elle suggérait tant qu’il préférait taire toutes les hypothèses qui se formaient dans son esprit.

- Oui, je t'aime toujours.

Elle s’empressa de détourner son regard noir sur le feu, et il resta un moment figé. Une main sur son bureau, l’autre appuyée sur le dossier de sa chaise, il aurait pu sembler décontracté, s’il n’y avait eu autant de tension autour de lui. Un instant, il se demanda s’il avait bien entendu, bien compris ce qu’elle venait de dire.

Ca lui rappelait précisément la première fois qu’elle avait prononcé ces mots…

« Enfin Ricky, pourquoi tu ne postules pas ? Le capitaine est parti, on a besoin d’un bon gardien, et je suis persuadé que tu es fait pour ça ! »
« Je suis d’accord avec Sean, tu voles très bien, et à chaque fois que je t’entends commenter quelque chose, je me demande pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt. »
« Tu vas pas t’y mettre aussi, Caril… »
« Et pourquoi pas ? Tu sais que j’ai raison, de toute façon ! »


Ricardo s’était arrêté, un sourcil haussé, comme à chaque fois qu’il semblait perplexe. Il avait passé une main dans ses cheveux, plus courts à l’époque, et avait observé tour à tour Sean et Eileen, avant de soupirer.

« Ok, je testerai en passant les sélections. Mais faites pas cette tête-là, je suis pas encore dans l’équipe enfin ! »

Pour ses deux amis, manifestement, ça ne faisait aucun doute. Le plus difficile dans le cheminement jusqu’à l’objectif Ricky au poste de gardien de l’équipe de Serpentard, c’était de le décider à passer les sélections. Et, en effet, il avait été choisi : malgré leurs efforts, les joueurs n’avaient pas réussi à marquer ne serait-ce qu’un petit but.

« Ca sera autre chose en match. Les joueurs n’étaient pas vraiment à fond. Surtout toi Sean, je sais que tu vaux mieux que ça comme buteur. »

Vrai ou faux ? Ricardo n’en avait jamais démordu : il n’était pas spécialement le meilleur pour le poste. Mais à partir du moment où il y était arrivé, non seulement il l’occupait avec brio, mais il ne compta bientôt plus le lâcher, et rapidement encore.
Ce soir-là, ils avaient eu un entraînement des plus éprouvants, surtout par sa faute. Eileen l’attendait déjà dans la forêt, et comme d’habitude, elle s’était appuyée sur « leur arbre ». Il l’avait rejointe, et ils avaient avancé à travers les broussailles, un peu plus loin que la dernière fois. Et puis le sujet de leur discussion avait dévié sur l’entraînement, et l’adolescente l’avait raillé sur son refus d’origine d’occuper le poste de gardien. Il n’avait pu qu’admettre qu’il appréciait et il l’avait remerciée de ses efforts. Appuyé contre un arbre qu’il savait être un autre sycomore à l’odeur, il l’avait embrassée, et lorsque leurs lèvres s’étaient détachées, elle avait murmuré quelque chose, le regard baissé, puis s’était finalement décidée à croiser ses yeux, et avait répété, plus haut.

« Je t’aime Ricky. »

Il avait souri, avait passé une main dans ses cheveux, pour attirer son visage à lui, et avant que ses lèvres ne rencontrent à nouveau les siennes, il avait murmuré à son tour, juste assez fort pour qu’elle l’entende.

« Moi aussi je t’aime, Caril. »

Etrange comme deux enfants de cet âge parvenaient plus aisément à des choses qu’on croiraient plus naturelles pour des adultes… L’infirmier quitta finalement son siège pour s’agenouiller près de la jeune femme qu’était devenue la petite fille perdue qu’il avait aperçue dans le train et le hall de Poudlard la première année. Ses doigts ramenèrent une mèche de ses cheveux d’ébène derrière son oreille, puis s’attardèrent sur sa nuque. S’il n’avait encore prononcé un mot, ses yeux avaient repris la douceur qu’elle leur avait toujours connu, et il approchait doucement son visage du sien.
Etrange aussi, ce besoin de renouveler une scène du passé, comme pour s’assurer qu’il avait bien existé, et qu’il ne s’enfuirait pas. Qu’il ne disparaîtrait plus, comme il avait bien failli le faire… Sa peau frôlait la sienne, et il murmura :

« Moi aussi je t’aime, Caril. »

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Eileen McKrown
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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 22:48

Eileen eut l'impression que les secondes s'étiraient en une éternité, tandis que Ricardo se replongeait dans son passé et qu'elle était là, tremblante comme une feuille près de l'âtre, à attendre qu'il lui réponde. elle n'en revenait même pas d'avoir réussi à livrer ces mots qu'elle avait gardé pour elle depuis deux ans. En fait, non... Elle les avait gardé pour son journal, depuis deux ans... Un journal qu'elle avait commencé à l'âge de 7 ans. Le jour de son anniversaire. Cadeau de son Grand-pa. Mais là n'était pas le plus important... Ces trois petits mots: 'je t'aime', seul Ricardo en avait été le destinataire. Jamais personne d'autre. Jamais une seule fois dans sa vie elle n'avait pensé à aimer un autre homme. Ses amants d'un soir, c'était toujours le visage de Ricardo qu'elle voyait. Jamais ils n'avaient droit à la plus petite des attention. Elle était la femme d'un seul homme et le serait toujours, quoi qu'il puisse en penser. La seule façon, pour elle, de l'oublier, elle en était à présent sûre, serait que l'un d'eux ne meurt. Mais ça, elle refusait même d'envisager cette simple possibilité. Elle préférait finir vieille fille accariatre plutôt que de voir celui qu'elle aimait mourir avant elle.

Que de lettres non envoyées ne lui avait-elle pas écrite, pendant ces deux années de séparation. La première, elle l'avait écrite le lendemain de sa nuit à l'infirmerie, lorsque lui l'avait quittée. Cette lettre, qu'elle avait ensuite brûlée par peur que quelqu'un ne tombe dessus et ne l'envoie au Serpentard, elle s'en souvenait encore, comme si elle l'avait écrite seulement aujourd'hui...


Citation:
>>> Ricardo, Mon Amour, Mon Coeur
>>> Je sais que ces mots doivent te sembler dérisoires aujourd'hui, alors qu'il n'y a pas si longtemps encore... Je sais que tu ne veux plus entendre parler de moi... Sean me l'a dit. Il ne m'a jamais réellement porté dans son coeur, tu sais... Mais parce que je comptais pour toi, il avait fini par m'accepter à vos côtés. c'est par lui que j'ai su que... Que tu ne voulais plus entendre parler de moi. Alors, j'ai décidé de ne plus me montrer à toi, tout en restant là dans l'ombre. C'était ce que j'avais de mieux à faire, n'est-ce pas?
>>> Tu t'en moques, je le sais bien. Et je suis sûre que tu ne comprends même pas pourquoi j'écris cette lettre aujourd'hui, alors que nous sommes encore à Poudlard et qu'il me suffirait de te stupéfixer dans un coin pour pouvoir te parler sans que tu ne puisses te sauver... Mais tu sais aussi bien que moi que je ne pourrais jamais employer sur toi ce genre de méthode.
>>> Non... ce que je veux te dire, me Amore, c'est que. Ce que je ressens pour toi aujourd'hui, je sais que je le ressentirai toute ma vie. Jamais je ne pourrai aimer quelqu'un aussi fort que je t'ai aimé, toi... Même si toi, tu tournes la page et que tu refais ta vie, je veux que tu saches, tu seras le seul homme qui occupera mon coeur...
>>> Caril

Elle n'avait jamais bien compris l'origine de ce surnom. Une question d'odeur, si elle se souvenait bien... Mais cela avait-il vraiment de l'importance? Oui... Ce soir, ça en avait. Elle avait envie qu'il l'appelle ainsi. Mais il semblait figé, entre la table et le dossier du fauteuil. Et elle, le regard perdu dans les flammes du feu de cheminée n'osait pas bouger, de peur de briser ce moment. Elle venait de lui dire qu'elle l'aimait toujours, après tout... Elle avait peur, en faisant un mouvement, que ce ne soit le moment pour elle de déjà repartir. Elle entendit tout à coup un froissement de tissu provenant du siège sur lequel il était assis. La jeune femme se raidit, persuadée d'entendre la porte s'ouvrir. Elle ne voulait pas partir... Ses lèvres se pincèrent et ses yeux se fermèrent de détermination. Non, elle ne voulait pas partir de cette pièce, qui, bien que semblant froide et impersonnelle était chaleureuse pour elle. Sans doute uniquement pour elle, car elle résonnait de sa présence, de son charisme. Dans le moindre meuble, dans la moindre brique de la cheminée, elle pouvait sentir la présence de celui qui s'approchait d'elle.

Elle le sentit tout à coup près d'elle. Son souffle sur sa nuque, sa main qu'il passait dans ses cheveux. Vraiment? Eileen frémit. Ricardo put sentir sous sa main le fourmillement des nerfs de la jeune femme qui remontait de la chute de ses reins à son cerveau et refaisait sans cesse le mouvement. A ce moment-là, seulement, elle sembla se décrisper, sous cette caresse qui ne la frôlait qu'à peine. Alors elle rouvrit les yeux et tourna lentement la tête vers lui, vers ses yeux dans lesquels elle se noya une fois de plus, se demandant comment elle avait fait pour vivre si longtemps loin d'eux. Enfin, la phrase tant redoutée et attendue finit par franchir les lèvres de l'infirmier.

" Moi aussi je t’aime, Caril."

La même, exactement que ce soir-là dans la foret, lorsqu'elle lui avait dit qu'elle l'aimait, après l'un de ses premiers entrainements. Elle avait été tellement fière de lui lorsqu'il avait été sélectionné...

La jeune femme posa sur lui un regard apaisé, enfin. Pour la première fois depuis deux ans, elle semblait enfin heureuse d'être là où elle se trouvait. Un de ses mains quitta l'appui du sol pour venir passer dans les cheveux de Ricardo jusqu'à atteindre sa nuque, qu'elle quitta cependant rapidement pour, doucement, venir caresser son visage et passer sur ses lèvres, avec une lenteur et une douceur infinies.

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Ricardo Queiros Lopes
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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 22:53

Le regard d’Eileen, débordant d’amour, ses mains caressant doucement son visage, sa peau – au parfum si particulier qu’il en avait été surpris dès la toute première fois où il l’avait croisée – tout près de lui… Tout cela, il l’avait cru perdu depuis longtemps, et pour un stupide match de Quidditch et sa fierté maladive ! Et pourtant, elle était là, près de lui, silencieuse, comme elle attendait qu’il parcourre l’écart qui les séparaient encore. Ses doigts effleuraient toujours sa nuque, comme il levait l’autre main pour envelopper celle qu’elle posait sur ses lèvres. Et il y déposa sur le plat, au-dessus, un premier baiser, qui emplit ses narines du parfum épicé de sa peau. Et puis il l’attira vers le bas, cette main intruse, et embrassa finalement celle qu’il avait toujours aimée.

Il y avait certainement des événements de ces deux années qu’il ne lui avouerait jamais, comme ses larmes dans le wagon lors du départ du Poudlard Express, comme le nombre incalculable de fois où il avait brisé la vitrine de la salle des trophées, ou comme ce qu’il avait fait à Sean, quand celui-ci l’avait ouvertement injuriée après le match, une fois qu’il avait pu rejoindre les dortoirs. C’était pourtant son meilleur ami, et il était pourtant censé la haïr, elle. Et pourtant, entendre par la bouche de quelqu’un d’autre, autant d’horreurs sur celle avec qui il avait partagé toutes ces années, ça l’avait mis hors de lui. Dans ces cas-là, c’était ses poings qu’il utilisait plutôt que sa baguette, et parfois, c’était mieux ainsi. Sean s’en était tiré avec le nez et la mâchoire brisés, et Mme Pomfrey avait réparé ça en deux temps, trois mouvements. D’autant que lui-même, réalisant ce qu’il venait de faire, avait prodigué les premiers soins. Sean lui en voulait toujours, sans doute. Depuis ce jour-là, il ne lui avait plus adressé la parole. Un jour, il faudrait qu’il arrête d’éloigner de lui ceux qu’il aimait, il était un peu trop bon à ça ces derniers temps…

Et puis il y en avait d’autres, qu’il devrait lui raconter, tôt ou tard. Notamment la mort de sa mère, peu après la fin de leur dernière année scolaire. Oui, il faudrait qu’il lui en parle, avant qu’elle ne lui demande de ses nouvelles…
Il y en avait sans doute beaucoup d’autres, mais pour l’heure, peu importait… Plus tard tout ça, pour le moment, seul comptait sa présence à ses côtés, leurs corps enlacés, la douce chaleur du feu tout près, et le goût de ses lèvres si parfumées…

Lorsqu’ils se séparèrent enfin – ou déjà ? – il garda son front posé contre le sien et sortit de sous sa robe de sorcier une chaîne d’argent qui retenait un disque de verre qui renfermait une feuille miniaturisée du sycomore, et un peu de poudre de curry, le mélange d’épices auquel la peau d’Eileen lui avait fait penser. Ca datait de leur sixième année, et à l’époque, il n’aurait jamais cru qu’ils seraient un jour séparés…


« Mais pourquoi tu m’appelles Caril au fait ? Tu ne m’as jamais vraiment dit ce que ça signifiait ! »

Ricardo sourit. Ca faisait un moment qu’il l’appelait ainsi, et il s’était plusieurs fois demandé si elle finirait par l'interroger sur le sens de ce surnom. Pour lui, c’était venu naturellement, tant ses baisers lui faisaient penser à ce mélange d’épices, mais il le disait en portugais, et doutait qu’elle comprît ce que cela signifiait. Et cette question le confirmait.

« Ca signifie curry en portugais… Attends, fais pas cette tête ! »

Elle se détournait, l’air furieux, et il l’avait attrapée par la taille pour l’attirer vers lui, l’enlaçant de ses bras pour murmurer à son oreille.

« Si tu ne me laisses pas t’expliquer, comment tu veux comprendre ? Je t’ai déjà dit que ton parfum était épicé, n’est-ce pas ? Et bien c’est ce qui s’en rapproche le plus… C’est très subtil, personne n’a déjà dû te faire cette remarque, mais pour moi, c’est ce qui te caractérise le plus… »

Il avait gardé une main autour de sa taille et dégagé sa nuque des cheveux sombres qui la masquaient pour y déposer un baiser, puis, de sa main libérée, avait sorti deux chaînes d’argent, dont les pendentifs étaient en fait deux disques de verre qui renfermaient une feuille miniaturisée du sycomore, et un peu de poudre de curry.

« Une feuille de notre arbre, et ton épice… »

Ces mots, il les prononçait de nouveau aujourd’hui, comme le jour où il avait pour la première fois dévoilé ce bijou étrange. On pouvait le trouver laid, bizarre… Pour lui, c’était plus qu’un simple pendentif : c’était le symbole de leur couple, et il n’aurait jamais pu s’en séparer. D’ailleurs, il le portait toujours…

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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 22:54

La main de Ricardo vint bientôt recouvrir la sienne. Elle crut un instant que, malgré ses aveux et la douceur du moment, il allait la repousser et elle se crispa. La jeune femme fut cependant rapidement rassurée lorsqu'il lui fit un baise-main d'une douceur inouïe. Les battements de son coeur s'accélérèrent, autant que la première fois qu'ils s'étaient embrassés, au pied du sycomore, dans la foret. Ils étaient encore des enfants. En deuxième année. Ce qui aurait pu passer pour un simple petit flirt, un petit amour d'enfance s'était en fait révélé comme le seul, le vrai, le grand amour de l'un comme de l'autre puisque, malgré ces deux ans de séparations, ils finissaient par se retrouver enfin.

Bientôt, Ricardo abaissa sa main et se pencha vers elle. Eileen releva vers lui un visage emplis d'attente, jusqu'à ce que leurs lèvres se joignent enfin. Seulement alors, elle sembla se détendre complètement. Doucement, elle libéra ses mains de l'emprise du Portugais pour entourer son cou et glisser les doigts dans ses cheveux si soyeux qu'elle avait toujours aimé toucher, à tel point qu'il lui arrivait, par moments, de l'appeler Sioda. Ce surnom, qu'elle lui avait un jour donné en réponse à son Caril lui était revenu soudainement en tête. Elle l'avait refoulé dans un coin de sa mémoire pendant ses deux ans, alors qu'elle portait souvent des vêtements en soie.

Les lèvres de la jeune femme, puis sa langue, se mêlèrent bientôt à celles de celui qui lui faisait face, alors que leurs coeurs battaient à l'unisson sans même qu'ils ne s'en rendent compte. Mais le moment magique sembla bientôt prendre fin et leurs lèvres se séparèrent. Leurs fronts, cependant, restèrent collés l'un à l'autre. Ainsi posés, les bras d'Eileen entourant le cou de son aimé, ils restèrent posés un long moment à se regarder.

"Tu m'as tellement manqué, Sioda... Si tu savais à quel point..."lui dit elle avant de se serrer un peu plus contre lui.

Elle décolla son front de celui de l'infirmier et posa sa tête sur son épaule, sa respiration chatouillant le cou du jeune homme. Elle n'avait pas envie de bouger. Elle se sentait si bien... Apaisée pour la première fois depuis longtemps. Une de ses mains finit par quitter sa place et s'approcher de son propre cou. Sous son petit pull, elle portait une chaine en argent avec un petit pendentif qu'elle n'avait jamais enlevé en deux ans. Elle le considérait comme son porte-bonheur sur le terrain. Le seul matche qu'elle avait perdu en deux ans, d'ailleurs, c'était celui où elle avait cru le perdre. Le collier s'était, en effet, détaché et avant glissé dans ses draps. Fort heureusement, le soir, elle l'avait retrouvé, à son plus grand soulagement. Elle sortit le pendentif à la feuille de cycomore et aux graines de curry et le laissa trouver sa place sur son pull.

"Il ne m'a jamais quittée... Tu as touujours été là, sur mon coeur..."fit-elle simplement.

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Ricardo Queiros Lopes
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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 22:55

- Tu m'as tellement manqué, Sioda... Si tu savais à quel point...

Ricardo ferma les yeux un instant. Elle était là, tout contre lui, elle employait le surnom qu’elle lui avait autrefois donné, uniquement dans l’intimité. C’était des choses qu’il n’avait plus crues possibles depuis qu’il avait décidé qu’il ne céderait pas. Céder à quoi d’ailleurs ? Il ne lui avait jamais laissé l’occasion de s’expliquer. A présent, il réalisait que si son avenir était bouché, c’était entièrement de sa faute à lui… Il laissa échapper un soupir, et, quand elle posa la tête sur son épaule, il resserra un peu l’étreinte de ses bras autour d’elle, comme s’il craignait qu’elle ne s’évanouisse brusquement. Si c’était un rêve, alors il ne voulait pas s’en éveiller. Elle avait à son tour sorti « leur » pendentif, et expliquait qu’elle ne l’avait jamais ôté.

- Il ne m'a jamais quittée... Tu as toujours été là, sur mon coeur...

Il n’y avait rien à répondre, il déposa simplement un baiser sur son front, puis posa la tête contre la sienne, blottie au creux de son cou. Elle avait dit tout à l’heure qu’ils n’étaient plus des enfants, pourtant, là, serré contre elle, il n’y avait plus rien d’autre qui comptait, que cette étreinte et la douceur de cette soirée, comme lorsqu’ils se retrouvaient, enfant, au cœur de la forêt. Ses yeux tombèrent sur sa propre main, et sur les cicatrices qui y restaient apparentes des nombreuses coupures dues à la vitre de la salle des trophées, et il esquissa un sourire amer. Ca aussi, ça avait été idiot et puéril, mais il n’avait jamais pu s’en empêcher. Et par association d’idées, il leva le regard sur le bocal empli d’essence de tentacules de murlap sur le bureau. Il se pourrait bien qu’il ait fini son office, au moins temporairement. Peut-être que la fille de Poufsouffle qui passait plus de temps ici que dans son propre dortoir en aurait besoin, mais sans doute pas aussi régulièrement que son poing ces deux dernières années…
Et puis tout sourire retomba. Sa mère aurait été ravie d’apprendre qu’ils s’étaient réconciliés, si elle était encore de ce monde… Il avait passé pour être sans cœur à son enterrement, tant il était resté impassible. Mais tous ignoraient les pensées qui tourbillonnaient dans son esprit à ce moment-là. Sauf son grand-père, le seul qui l’acceptât encore sous son toit depuis. Il n’avait jamais accédé à sa dernière requête, il ne lui avait même rien dit, le jour de son départ. Et c’était la dernière fois qu’il l’avait vue. Il n’avait même pas voulu savoir ce qui s’était réellement passé, ça n’avait pas d’importance. Tout ce qui comptait, c’était qu’il n’avait pas pu lui dire qu’il l’aimait, malgré tout.

« Tu es bien silencieux, Ricardo… C’est pourtant toi qui aurais dû prononcer le dernier discours en son honneur… »
« Avô… »
« Oh ! Ne te méprends pas mon garçon, je sais que c’est un moment difficile pour toi aussi. J’ai perdu ma fille, et tu as perdu ta mère. On est dans le même bateau… »


Il avait posé une main sur son épaule, et avait souri. La seule personne qui lui ait manifesté quelque compassion ce jour-là.

« On commet tous des erreurs à un moment ou à un autre. C’est difficile de les reconnaître… Et c’est souvent trop tard quand on cherche à les réparer… »

Est-ce que lui aussi, était rongé par le remords ? Qu’est-ce qu’il pouvait donc se reprocher ? Ricardo avait appris par la suite que durant toutes ces années, sans qu’il en sache rien, car il n’en montrait rien en sa présence, son grand-père avait reproché à sa mère d’avoir élevé un enfant seule. Elle l’avait maintes fois mis au défi de lui démontrer que son fils était moins bien élevé qu’un autre, et maintes fois, ils s’étaient quittés en claquant la porte.

« Je n’avais jamais voulu comprendre pourquoi elle avait tenu à garder l’enfant d’un homme qu’elle disait détester… Je n’ai compris que trop tard à quel point elle vous aimait, ton père et toi, et combien elle cherchait à ce que je sois fier d’elle. Pourtant je l’ai toujours été. Je n’ai simplement pas su lui montrer… »

Les yeux brillants de son grand-père à cet instant restaient gravés dans sa mémoire. Ce fut la seule fois où il le vit faire montre de quelque faiblesse que ce soit. La main droite de l’infirmier quitta Eileen pour passer sur son propre visage.

- Ma mère aurait pleuré de joie, je crois, si j’avais pu lui raconter cette soirée…

Sa voix semblait lasse, il n’en restait presque qu’un souffle. Prononcer ces mots, c’était infliger une autre blessure à l’ancienne gryffondor, il le savait. Mais elle avait le droit de savoir ce qui s’était passé. Tout au moins, ce que lui-même en savait. Il n’osa rien ajouter de plus, avant qu’elle ne réagisse à cet indice. C’était déjà assez difficile comme ça, de briser ces instants idylliques…

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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 22:56

Eileen cligna des paupières lorsqu'il déposa un baiser sur son front. Lorsque le visage de Ricardo se posa contre le sien, elle sentit les cheveux du jeune homme venir chatouiller son nez et un sourire invisible à cet instant se dessina sur son visage. Elle aurait pu rester ainsi pendant des heures, malgré l'inconfort relatif de cette position. Mais il bougea et elle rouvrit les yeux, redressant par la même la tête pour chercher à comprendre ce qu'il se passait. C'est ainsi qu'elle vit le visage de celui qu'elle aimait se voiler, comme si un triste souvenir lui revenait en mémoire. Eileen fronça les sourcils. Que se passait-il donc? Elle se mit à genoux et posa ses deux mains sur les joues de Ricardo.

"Sioda? Que se passe-t-il?"demanda-t-elle d'une voix douce et basse.

Elle eut bientôt la réponse lorsqu'il répondit:

"Ma mère aurait pleuré de joie, je crois, si j’avais pu lui raconter cette soirée…"

Que... Qu'est-ce que cela voulait dire? C'était une mauvaise blague, ce n'était pas possible autrement.. Et pourtant... Le ton employé par l'infirmier était tout ce qu'il y avait de plus sincère et il n'avait jamais été du genre à mentir concernant sa mère. Lui était-il donc arrivé malheur? Dans le regard de la jeune femme, l'incompréhension céda la place à la plus vive des inquiétudes. Elle qui avait toujours aimé la mère de l'ancien Serpentard presque autant que la sienne ne supportait pas ce silence devenu lourd de menaces.

"Il lui est arrivé quelque chose?"demanda-t-elle d'une voix tremblante.

Mais au fond d'elle-même, sans doute se rendait-elle compte que ce qu'elle disait était la vérité. Il lui suffisait de voir le visage de celui qu'elle aimait et d'écouter les propres battements de son coeur à cette phrase au passé qu'il avait prononcée.

"Quand? Comment? Où?"fut-elle seulement capable d'ajouter.

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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 22:57

Le ton paniqué de la voix d'Eileen fit tourner la tête à l'infirmier. Il s’en était douté, cette nouvelle, aussi sous-entendue soit-elle, ne pouvait que lui faire du mal. Mais il ne pouvait pas la garder pour lui, parce qu’elle était la seule à qui il pût en parler, et parce qu’elle avait connu sa mère et devait savoir. Peut-être plus parce qu’il pourrait enfin en parler, en fait. Même à son grand-père, il n’avait rien dit, malgré les aveux que celui-ci lui avait faits. Non… Il avait tout gardé pour lui ces deux dernières années, et maintenant qu’il avait vendu la mèche, il se rendait compte à quel point c’était cruel et égoïste d’avoir voulu partager sa souffrance. Il ne pouvait plus reculer à présent, aussi, après un soupir à fendre l’âme, il reprit la parole.

- Je ne sais pas très bien ce qu’il s’est passé, en dehors du fait que, comme tous les ans, elle est repartie au Portugal pour l’été, juste après nos ASPICs. Il semblerait que ce soit arrivé durant l’exercice de ses fonctions… Tu te souviens qu’elle faisait le lien entre Gringott’s et la banque des sorciers de Porto ? Je n’en sais pas vraiment plus… Peut-être que si j’avais posé des questions, on m’aurait répondu, mais à ce moment-là, je n’avais pas vraiment envie de savoir… Tout ce que je savais, c’est que je n’avais pas pu lui dire au revoir…

Il y avait tant d’autres choses qu’il aurait voulu lui dire, et qu’il ne lui dirait plus jamais. Pour ça, son grand-père et lui étaient pareils… Il ferma les yeux, laissant une fois encore le silence envahir la pièce. Que pouvait-il ajouter d’autre ? Il ne savait vraiment guère plus des circonstances qui lui avaient ôté sa mère, et n’avait pas envie d’expliquer la réaction du reste de la famille non plus. « Ce fils indigne, qui n’a manifesté d’aucune once de chagrin à la disparition de sa mère », « Ah… Oui, comme son père, il l’a abandonnée… », « Je savais bien qu’on aurait pas dû l’inviter… ». Il avait fallu que son grand-père fasse taire les mauvaises langues dans la salle où ils s’étaient tous réunis, et leur précise tout de même qu’il s’agissait de son fils, et qu’à ce titre, il avait plus le droit que quiconque d’être présent. Ricardo, lui, n’avait pas desserré les dents. Ils pouvaient dire ce qu’ils voulaient, ils n’imaginaient même pas tout ce qu’elle avait enduré. Ah ! Ils avaient le beau rôle maintenant, de jouer les moralisateurs face à son comportement, alors qu’aucun ne l’avait soutenue pendant toutes ces années, aucun ne lui avait même rendu visite depuis qu’elle s’était installée en Angleterre. Sauf celui qui avait toujours pesté contre son choix en privé, et qui prenait la défense de son héritier. Il l’avait même fait asseoir à côté de lui, au mépris des convenances, et si les regards qui convergeaient vers lui le fusillaient, personne n’avait osé remettre en cause le choix du père de famille.

Sans ajouter quoi que ce soit, Ricardo serra un peu plus Eileen contre lui, et enfouit son visage au creux de son cou, laissant les cheveux bruns de la jeune femme lui chatouiller la peau. Il avait besoin de s’immerger dans son parfum, de la sentir près de lui, d’avoir quelqu’un sur se reposer, pour une fois, tout simplement.

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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 22:58

"Je suis désolée..."

La voix d'Eileen se brisa et une larme coula sur sa joue. Elle resta ainsi un moment, à serrer Ricardo contre elle avant de pouvoir finalement reprendre:

"...de n'avoir pas été là."

Elle le laissa ensuite expliquer le peu de choses qu'il savait sur la mort de sa mère. Il n'y avait rien qu'elle put répondre. En fait si... Il n'y avait qu'une seule chose à dire. Pour se faire, elle s'écarta de l'homme en face d'elle et prit son visage dans ses mains afin de le lever délicatement vers lui. Elle prononça alors de sa voix douce:

"Elle ne t'a pas quitté pour autant... Elle est toujours là, dans ton coeur... Tu peux toujours lui parler, lui dire au revoir, lui dire que tu l'aimes..."

Elle lui sourit avant de le prendre à nouveau dans ses bras, en chantonnant un air doux et apaisant. Elle se souvenait que lorsque son grand-père était mort et qu'elle non plus n'avait pu lui dire au revoir, un rituel avait été organisé pendant les vacances d'été pour qu'elle puisse lui parler. Ce rituel, typique des origines de sa mère, elle l'avait appris et était capable de le réaliser à son tour. Le souffle de Ricardo lui chatouillait doucement la nuque, pourtant, ce fut avec sérieux qu'elle reprit:

"Si tu veux, je peux la contacter... Ca peut être long, mais tu pourrais ainsi lui parler..."

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Ricardo Queiros Lopes
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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 22:59

La voix douce d'Eileen résonnait à l'oreille de Ricardo, mais il ne bougea pas. Il voyait bien ce qu'elle devait sous-entendre par "ne pas avoir été là". Il était évident pour lui que la scène présente devait lui rappeler celle qu'ils avaient vécu il y avait une éternité...

Les mains dans les poches, il avançait dans un couloir, sans but précis, le nez parfois presque collé aux tableaux, qu'il trouvait la plupart du temps hideux, parfois dévisageant les élèves qu'il croisait, l'air quelque peu méprisant... Il cherchait quelque chose digne d'intérêt, et pour l'instant, restait sur sa faim. Il avait fini par s'arrêter à un portrait particulièrement mauvais à son sens, aux couleurs des griffondors, ceux que sa maison détestait, une moue dédaigneuse sur le visage. Le tableau ronflait, malgré l'heure bien avancée de la journée, et il allait sans doute le réveiller plus ou moins violemment quand c'est le monde autour de lui qui réagit violemment.

Une fille s'était précipitée sur lui et tombait à la renverse. Le choc l'avait poussé contre le tableau qui s'était éveillé avec un grognement, et il avait repris de justesse son équilibre, sortant pour ça les mains de ses poches pour s'appuyer contre le portrait qui râla un moment. Il s'en fichait éperdument, de ce que racontait la vieille croûte, c'était la fille à l'odeur bizarre qui venait de le percuter, et elle avait l'air paniquée. Décidément, elle n'avait pas grand chose à voir avec les "courageux" griffondors.

Mais il y avait une autre odeur que celle qu'il avait sentie dans le train, dans le hall, puis quelques instants dans la grande salle avant qu'elle aille s'asseoir. C'était une odeur plus âpre, et il réalisa bientôt qu'elle s'était blessée au poignet. Il haussa un sourcil, et finit par lui tendre la main, sans un mot, pour l'aider à se relever et l'accompagner à l'infirmerie. Elle lui avait expliqué que son grand-père était mort, et il était resté avec elle, jusqu'à ce qu'elle retourne à ses dortoirs. A cette époque, c'était lui qui l'avait soutenue ce jour-là, bien qu'il soit resté silencieux. Bien après, elle lui avait avoué à quel point ça lui avait fait du bien. A ce moment-là, il n'avait pourtant pensé qu'à lui, à son parfum qui l'intriguait.

Dans sa propre salle commune, il avait eu droit à un sermon des "grands" : on ne fricotait pas avec une griff quand on était un serpentard qui se respectait. Tout le monde savait ça ! Il avait gardé le silence, mais ses yeux glacés semblaient transpercer ceux qui osaient remettre en cause son comportement. Qu'est-ce que ça pouvait leur faire d'abord ? Il n'avait rien fait de si terrible, et quand bien même, ça ne regardait que lui. A court d'argument face au mur de silence qu'ils avaient devant eux, les préfets et les autres avaient abandonné, non sans lui rendre ses oeillades furibondes.

Il avait regagné son dortoir pour croiser le regard de Sean, l'irlandais avec qui il avait sympathisé depuis son arrivée. Celui-ci ne lui avait pas décroché un mot, mais ça n'enlevait rien à ce qu'il pensait, et Ricardo avait bien compris qu'il avait le même avis que les autres. Ce n'était qu'au bout de quelques jours que Sean avait fini par lui dire - après s'être assuré que la voie était libre - ce qu'il pensait. Ricardo lui avait répondu qu'il avait juste accompagné une blessée à l'infirmerie. Il avait bien gardé pour lui l'intérêt qu'il portait à son parfum, et ça avait eu l'air de rassurer son camarade de chambrée.

- Elle ne t'a pas quitté pour autant... Elle est toujours là, dans ton coeur... Tu peux toujours lui parler, lui dire au revoir, lui dire que tu l'aimes...

Il s'était redressé sur ces mots, et avait esquissé un pâle sourire, les mains à présent posées sur les hanches de la jeune femme, bien vite terni par ce qu'elle ajoutait.

- Si tu veux, je peux la contacter... Ca peut être long, mais tu pourrais ainsi lui parler...

Est-ce qu'il voulait vraiment qu'elle accomplisse cela ? Il n'en savait trop rien à vrai dire. Il avait su depuis longtemps que sa famille regorgeait de chamans, mais il n'avait pas un instant réfléchi à cette opportunité, d'autant plus du fait de leur séparation. Et maintenant ? Il resta un moment à fixer les yeux sombres d'Eileen, puis laissa échapper un soupir.

- Je ne sais pas, Caril... Je n'y ai jamais pensé à vrai dire... Je ne sais pas comment je réagirai si...

Il laissa sa phrase en suspens. Inutile d'en ajouter plus de toute façon. Sauf peut-être qu'il doutait également de sa réaction à "elle"... Une main passa encore dans ses cheveux, signe de son embarras. La proposition de la jeune femme le touchait, mais il ne savait plus trop quoi y répondre...

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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 23:00

Ce qu'Eileen ne pouvait savoir, c'était que Ricardo pensait à la même chose qu'elle. Effectivement, la nouvelle de la mort de la mère du jeune homme la renvoyait à la mort de son grand-père. Et lui proposer de contacter sa mère la rapprochait plus encore de ce souvenir, lorsqu'elle avait brisé accidentellement le miroir après avoir eu la confirmation du décès de Grand-pa et s'était blessée au poignet en voulant le ramasser... Elle avait eu de la chance de pouvoir sortir... Elle aurait pu se vider de son sang... Nul doute, d'ailleurs, que cela se serait produit si le jeune Serpentard sur lequel elle était tombée l'avait laissée ainsi... Mais il avait eu pitié d'elle et l'avait accompagnée. Alors, pour rester éveillée, elle lui avait raconté ce qu'il s'était passé. Elle ne savait pas s'il l'avait crue ou non, mais il ne l'avait pas abandonnée. Et c'était déjà beaucoup... Elle lui en était, aujourd'hui encore, particulièrement reconnaissante. A bien y réfléchir, c'était ce jour-là qu'elle avait 'flashé' sur le jeune homme... Elle ignorait pourtant que lui l'avait remarquée bien plus tôt...

Lorsqu'elle l'avait percuté, tous deux étaient tombés par terre. Elle n'avait même pas pu se relever seule. Elle pleurait, à n'en pas douter. Les larmes coulaient à torrents sur ses joues et son regard montrait un affolement sans bornes, dû autant au chagrin qu'à sa blessure. Visiblement, elle ne savait pas quoi faire. Elle avait posé ses yeux si foncés sur le garçon et avait murmuré en tremblant:

>>>"Infirmerie..."

Ricardo lui avait alors tendu la main pour l'aider à se relever et elle l'avait acceptée avec soulagement. Alors qu'elle s'était attendue à ce qu'il lui explique simplement le chemin pour l'infirmerie, il l'avait accompagnée, sans la laisser, et elle avait vidé son sac, lui expliquant qu'elle avait appris la mort de son grand-père la veille mais, bien que le sujet fut grave, elle avait refusé d'y prêter foi dans la mesure où c'était le premier avril. Et aujourd'hui 2 avril, elle avait contacté ses parents par le miroir pour leur demander ce qu'était cette blague. Mais ça n'en était pas une et le miroir était tombé...

A ce souvenir, le visage d'Eileen s'était assombri. Simplement assise face à Ricardo, celu-ci avait pu voir sur son visage la succession de ses émotions. Neuf ans après, elle lui en était encore reconnaissante. Elle savait que, même s'ils s'étaient cordialement détestés au lieu de tomber amoureux l'un de l'autre ensuite, elle lui aurait tout de même été reconnaissante de cet acte et aurait développé une dette à vie envers le jeune homme. Mais ils étaient tombés amoureux l'un de l'autre, et ce n'était pas pour honorer une quelconque dette qu'Eileen lui avait fait la proposition de l'aider à contacter sa mère pour qu'il puisse s'expliquer avec elle. Elle-même savait que, qu'il ait envie de lui parler ou non, elle-même le ferait. Elle avait besoin de parler avec la mère du jeune garçon, comme elle le faisait encore régulièrement avec Grand-pa, qu'elle contactait de cette façon au moins une fois par mois. Elle ne supportait pas l'idée que la mort puisse séparer les gens qui s'aimaient... Elle savait d'ailleurs que sa mère et Grand-ma faisaient comme elle et contactait régulièrement le vieil homme décédé.


*Tu me manques, Grand-pa...* songea-t-elle tout en sachant pertinemment qu'elle le contacterait le soir-même...

Il avait été le premier au courant de la rupture entre Ricardo et Eileen après le dernier match de Quidditch de leur septième année. Il était curieux de voir qu'une personne décédée puisse avoir une telle importance dans la vie d'une toute jeune femme... Elle répondit au pâle sourire de Ricardo par un sourire et un regard extrêmement doux, comme elle savait si bien les faire. des regards qu'elle réservait à lui seul...

Elle attendait à présent qu'il réponde à sa proposition. Elle ne savait s'il en aurait envie ou pas. Elle pensait que oui, tout en sachant pertinemment qu'il aurait besoin de temps. Son impression ne tarda pas à être confirmée:

- Je ne sais pas, Caril... Je n'y ai jamais pensé à vrai dire... Je ne sais pas comment je réagirai si...

Elle posa une main douce sur la joue de Ricardo et lui répondit:

"Ne t'inquiète pas... Je ne te presse pas, ni ne t'oblige à le faire... Je me doute que cela doit être difficile pour toi, après deux ans de te dire que tu as la possibilité de parler à nouveau à ta mère... Sache juste que lorsque tu seras prêt, si tu l'es un jour, je serai prête à le faire... J'ai tout ce qu'il me faut pour cela, étant donné que je contacte régulièrement Grand-pa..."

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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 23:01

"Ne t'inquiète pas... Je ne te presse pas, ni ne t'oblige à le faire... Je me doute que cela doit être difficile pour toi, après deux ans de te dire que tu as la possibilité de parler à nouveau à ta mère... Sache juste que lorsque tu seras prêt, si tu l'es un jour, je serai prête à le faire... J'ai tout ce qu'il me faut pour cela, étant donné que je contacte régulièrement Grand-pa..."

Ricardo posa sa main sur celle avec laquelle Eileen caressait sa joue et y déposa un nouveau baiser.

- Merci, souffla-t-il simplement.

Il n'y avait pas grand chose à ajouter de toute façon. L'ancienne griffondor avait l'habitude de contacter son grand-père, lui ne savait pas s'il souhaitait réellement revoir sa mère - les souvenirs qu'on a de quelqu'un sont parfois bien différents de la personne qu'on retrouve après quelques années -, et seul le temps leur apporterait la réponse. Il se releva finalement, tendant la main à la poursuiveuse, comme il l'avait fait jadis, lorsqu'elle lui avait pour la première fois adressé la parole.

- Ton thé doit être froid...

Piètre moyen de changer de sujet de conversation que voilà, mais il n'avait guère trouvé mieux. Il n'avait jamais été très doué pour les longs discours, même du temps où il était capitaine de l'équipe et on attendait de lui qu'il galvanise les autres joueurs, alors dans des situations plus délicates... Il déposa un baiser sur son front comme ils s'approchaient de nouveau du bureau et la laissa s'installer avant de nouveau de reprendre place sur son propre fauteuil. Un geste plus tard, les tasses de thé refroidies retrouvaient la chaleur qu'elles avaient perdu le temps de leur discussion devant l'âtre, et il posait une main sur le classeur qui regroupait les articles de journaux concernant l'équipe d'Eileen. Il avait feuilleté ces pages un nombre incalculable de fois, et pourtant, il y avait toujours une certaine curiosité qui le poussait à les tourner encore.

- Jusque-là, il traversait la pièce à chaque fois que j'y jetais un oeil, ajouta-t-il sans la regarder, les yeux rivés sur certaines photos. Vous vous êtes bien débrouillés... Même le gardien.

Il resta un instant à contempler une photo représentant le fameux gardien de l'équipe écossaise auprès d'Eileen et de leur attrapeur, puis la poussa vers la jeune femme.

- Tu dis que vous en cherchez encore un... Pourquoi ? Il faisait l'affaire, non ?

C'était curieux, en effet, qu'elle dise rechercher un remplaçant, alors qu'il n'en avait été question dans aucun des articles qu'il avait pu lire... Et sa question ne semblait motivée que par cette curiosité. Pourtant, il s'agissait là d'une réflexion plus profonde, et s'il n'en avouait rien à Eileen, il craignait quelque peu la réponse qu'elle lui apporterait...

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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 23:55

La main de Ricardo recouvrit celle que la jeune femme avait posé sur sa joue avant qu'il ne l'embrasse en la remerciant. Elle lui répondit par un sourire chaleureux. Elle posa sur lui ses yeux sombres emplis de douceur. A quoi pensait-il en cet instant? Réfléchissait-il à sa proposition? Etait-il plongé dans ses souvenirs?

Mais cet instant ne dura pas longtemps, puisqu'il ne tarda pas à se lever et à lui tendre la main pour l'aider à faire de même. Elle la saisit et se redressa à son tour

- Ton thé doit être froid...

Sa tentative pour changer de sujet dessina sur les lèvres d'Eileen un sourire amusé. Il n'avait pas changé, de ce point de vue... Il ne savait jamais trouver un autre sujet. Il avait toujours fait des flops dans ces cas-là... Elle leva le visage vers lui lorsqu'il déposa un baiser sur son front et s'installa à nouveau sur son fauteuil, face à l'ancien Serpentard. Elle prit dans sa main la tasse qu'il venait de réchauffer. En buvant une gorgée, elle le vit poser la main sur le classeur qu'elle avait à peine feuilleté.

- Jusque-là, il traversait la pièce à chaque fois que j'y jetais un oeil, ajouta-t-il sans la regarder, les yeux rivés sur certaines photos. Vous vous êtes bien débrouillés... Même le gardien.

"Il veut arrêter le quidditch depuis un moment et est entrain de se transformer en passoire. Il n'a plus l'envie..."expliqua-t-elle brièvement.

Il n'y avait pas que cela, en fait... Il fallait aussi avouer qu'il était entrain de se mettre tout le monde à dos depuis quelques temps et que tous les membres de l'équipe, l'un derrière l'autre, venaient la voir pour lui demander quand elle allait lui trouver un remplaçant... Eileen n'en pouvait plus. Mais elle refusait de virer leur gardien tant que... Bref.

Elle observa la photo que Ricardo lui tendit.

- Tu dis que vous en cherchez encore un... Pourquoi ? Il faisait l'affaire, non ?

"J'ai préféré garder cela secret, pour éviter d'attirer des gens qui ne seraient intéressés que par la notoriété..."

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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 23:56

Eileen l'avait suivi à la table qui lui servait de bureau. C'était bien un sourire qu'il avait aperçu à sa façon de détourner la conversation ? Sans doute... Pour ça, il savait qu'il avait toujours été nul, et elle devait en être parfaitement consciente, elle lui en avait si souvent fait la remarque ! Elle sirotait tranquillement son thé pendant qu'il feuilletait le classeur, et il n'avait pas encore relevé son regard sur ses prunelles sombres. Quand il avait poussé le classeur sous ses yeux, l'infirmier avait gardé son regard posé sur la photo, et sa main droite maintenait l'ouvrage devant la jeune femme. Elle pouvait sans doute y voir un certain nombre de cicatrices dues à ses nombreuses coupures ces deux dernières années, lui n'y prêtait plus guère d'attention.

"Il veut arrêter le quidditch depuis un moment et est entrain de se transformer en passoire. Il n'a plus l'envie..."

Ricardo releva la tête sur ces quelques mots. Une passoire, vraiment ? Et il n'avait plus envie de jouer... Cela lui rappelait un peu trop son propre comportement, ses propres réactions. A ceci près que ce n'était pas pour lui une question d'envie... Il ignorait le caractère du gardien en question et les tensions avec les autres joueurs. A ses yeux, il y avait forcément une raison au subit manque de motivation de John McAllister, gardien émérite de l'équipe d'Ecosse. La photo sur laquelle ils avaient tous deux fixé leurs yeux quelques instants le représentait pourtant tout sourire, sans doute grisé par la dernière victoire dont il était question dans l'article attenant. C'est qu'il en avait arrêté des buts, et de façon spectaculaires parfois. Qu'est-ce qui pouvait bien avoir ainsi changé la donne ?

"J'ai préféré garder cela secret, pour éviter d'attirer des gens qui ne seraient intéressés que par la notoriété..."

Elle pensait toujours à tout... Surtout quand il s'agissait d'assurer ses arrières. Il faut dire qu'ils avaient eu leur lot de périodes de crises où le moindre de leurs faits et gestes étaient épiés, et où ils devaient faire attention à chaque détail pour éviter le moindre faux pas. Un serpentard et une grifffondor, pendant toutes ces années ensemble, ça en avait causé des histoires. Il se souvenait de la première fois où ils s'étaient fait prendre, bien avant qu'ils ne mettent la main sur ces capes d'invisibilité qu'ils possédaient sans doute toujours l'un et l'autre. Rogue lui avait passé un de ces savons ! C'était la honte de la maison, ben voyons... Il avait été assigné au tri des divers ingrédients que le profeesseur venait de ramener, et n'avait pas droit à l'erreur. C'était un jeu d'enfant pour lui, qui les reconnaissait à leurs parfums, quand bien même leurs formes pouvaient sembler similaires, et il n'avait pas eu à subir les sermons de Rogue bien longtemps. D'autant qu'il avait failli s'emporter maintes fois sur les critiques que son directeur de maison faisaient de sa Caril. "Au moins, c'est une sang-pur, c'est déjà ça..." Ca avait été le bouquet. Il avait entendu ça un nombre incalculable de fois dans les dortoirs, et là, dans la réserve du professeur de potions, il s'était levé d'un bond. Sous le regard interrogateur de Rogue, il avait serré les dents, le fusillant du regard, et avait fini par siffler qu'il avait terminé. Le dernier ingrédient trônait encore sur la tablette, qu'il rangeait à sa place, et lorsqu'il croisa de nouveau le regard de son professeur, il crut y lire une certaine forme de satisfaction. "Vous avez toujours été doué pour l'herboristerie et les potions, Lopes, je me doutais que ceci ne vous poserait guère de difficulté..." Est-ce qu'il avait voulu dire par là qu'il avait choisi sciemment ce type de retenue parce que ç'aurait été simple pour lui ? Il n'avait pas cherché à comprendre sur le coup, et était sorti sans un mot. L'infirmier sortit de ses pensées - il avait une certaine propension aux souvenirs ces derniers temps... un peu trop sans doute - et reprit le cours de leur conversation.

- Toujours aussi perspicace, Caril... Et tu as déjà fait des recherches ? Je veux dire... A part moi ?

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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 23:57

Tout en sirotant son thé, elle observait celui qu'elle aimait entrain de feuilleter le classeur. Pourquoi avait-il collectionné tous ces articles, alors qu'il avait souhaité la rayer de sa vie? C'était, il est vrai, une très bonne question qu'elle se posait depuis quelques minutes maintenant.

Maintenant, la photo était sous ses yeux, le doigt de Ricardo dessus. C'était amusant. Comme s'il les pointaient du doigt, elle et John McAllister. Amusant, vraiment... Elle releva les yeux sur la main à laquelle appartenait le doigt. Comment avait-il pu se faire toutes ces cicatrices? Il n'en avait pas, la dernière fois qu'elle l'avait vu.. Mais c'était il y avait si longtemps. Une autre vie, semblait-il. Et pourtant, il lui semblait aussi que c'était hier...

Lorsqu'elle expliqua le pourquoi du comment elle cherchait un nouveau gardien, elle le vit lever la tête vers elle. Etait-il sceptique? Faisait-il la comparaison avec son propre cas? Elle ne savait pas ce qu'il se passait dans sa tête, après tout...

Eileen reposa son regard sur la photo. C'était la victoire précédant la seule défaite de la saison en poule. A l'issue de la défaite, Eileen avait pris John à part. Ce jour-là, il avait été totalement ailleurs. Ils avaient été la risée des journaux. Pas sûr que l'ancien Serpentard ait gardé cet article. Quoique... Vu ce qu'il pensait d'elle quelques temps auparavant...Et on ne pouvait même pas dire que quelqu'un avait imité leur technique de Poudlard, puisqu'il était resté entier jusqu'à la fin du match... Elle aurait préféré qu'il lui soit arrivé la même chose qu'à Ricardo. Il aurait eu une excuse. Mais là...

"J'ai failli le frapper, un jour... Il m'avait poussée à bout. Les autres se sont demandés comment j'avais pu rester aussi calme..."

Il semblait à présent se plonger dans ses souvenirs, alors qu'elle venait de lui expliquer pourquoi elle n'en avait jamais parlé à la presse, pourquoi c'était resté aussi secreet. A quoi pensait-il? Repensait-il, encore, à leurs années à Poudlard? Après tout, c'était pour l'instant, encore, le seul passé qu'ils avaient en commun... Elle-même commença à s'absorber dans ses propres pensées, post-Poudlard. Combien d'aventures d'un soir avait-elle eu avec des sorciers célèbres? Elle ne les comptait plus. Et pourtant, pas une fois, elle n'était parue dans les journaux pour ses aventures scabreuses. Même alors qu'elle était la cible de journalistes tels que Rita Skeeter. Jamais, même, elle n'avait eu à soudoyer quelqu'un pour ne pas se retruver en première page. Les seule fois où elle apparaissait dans le journal concernaient les matchs de Quidditch. Sa vie privée et le bien-être de son équipe avaient toujours été sa priorité. Même du temps de Poudlard, même si cela n'avait pas toujours marché...

Ce ne fut que lorsque l'ancien gardien reprit la parole qu'elle sortit de ses pensées. Elle aussi se plongeait souvent dans ses pensées... Mais il en était ainsi depuis qu'elle avait quitté Poudlard...

- Toujours aussi perspicace, Caril... Et tu as déjà fait des recherches ? Je veux dire... A part moi ?

"J'ai observé les jeux de plusieurs gardiens que je savais vouloir quitter leur équipe. Mais c'est tout. Ils n'en savent rien. Tu es le premier à le savoir, en dehors des membres de mon équipe." lui répondit-elle sans détour.

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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Mer 26 Déc - 23:58

Eileen avait relevé les yeux vers lui, et resta un instant songeuse. L'infirmier aurait été bien en peine de déterminer ce à quoi elle pensait en ce moment... Et puis, après quelques instants à se regarder l'un l'autre, elle replongea ses yeux sombres sur la photo qu'il lui montrait. Photo d'une des nombreuses victoires de l'équipe. Si sa mémoire était bonne, il y avait eu une unique défaite, juste après, mais ça arrivait à toutes les équipes, pour Ricardo, qui avait refusé de regarder le match, cependant, ça ne semblait pas si exceptionnel. Même si les journaux à scandale et cette fameuse Rita Skeeter faisaient chou gras de ce type d'événement, il ne fallait pas toujours leur accorder tant d'importance. Des erreurs, ça peut arriver à tout le monde...

Il ne se doutait pas de ce qui s'était passé entre les joueurs après ce fameux match perdu. De ce qu'il voyait à travers les articles qu'ils prenaient non comme des récits de la pure et stricte vérité, mais comme des histoires à sensation cachant une fine ligne de véracité, il n'aurait jamais soupçonné les tensions qui pouvaient régner entre les joueurs.

"J'ai failli le frapper, un jour... Il m'avait poussée à bout. Les autres se sont demandés comment j'avais pu rester aussi calme..."

Le regard de Ricardo se fit interrogateur. "Aussi calme", alors qu'elle avait "failli le frapper" ? C'était pas un peu contradictoire tout ça ? On aurait dit lui dans ses grands moments de calme apparent lorsqu'on attaquait Eileen devant lui... En général, ça finissait pas trop mal, quelques remarques bien placées, et on se taisait, mais il était arrivé que certains poussent le bouchon trop loin... Et finissent à l'infirmerie. Dans ces cas-là, Sean avait coutume de souffler à voix basse : "Oh oh... le calme avant la tempête..." A force, rien que ça, ça suffisait à ce qu'on ferme son clapet et tourne les talons... Il avait déteint sur elle en cela ? Ou c'était l'inverse ?
Le silence plana encore entre eux comme chacun ressassait des bribes de leur passé, commun ou non. Et puis Eileen répondit à sa question, et l'ancien serpentard hocha la tête.

"J'ai observé les jeux de plusieurs gardiens que je savais vouloir quitter leur équipe. Mais c'est tout. Ils n'en savent rien. Tu es le premier à le savoir, en dehors des membres de mon équipe."

- Je vois. Des commentaires, sur ceux que tu as observés ? D'ailleurs...

Il se redressa et vint s'appuyer contre le dossier de sa chaise, un sourcil levé, signe de perplexité.

- Quels gardiens souhaient quitter leurs équipes ? Il ne me semblait pas qu'il y ait tant de transferts prévus cette année...

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Eileen McKrown
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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Jeu 27 Déc - 0:00

Eileen était restée un long moment songeuse, refusant de croiser le regard de celui qu'elle aimait. Avait-elle honte d'avoir failli céder à une pulsion? Non... Ce jour-là, si lui l'avait poussée à bout, il l'avait surtout prise à partie après, en privé et avait bien failli, à son tour, la frapper. Il l'avait menacée. Leurs relations professionnelles n'avaient plus jamais été les mêmes. Quand il l'avait fait entrer dans ce placard à balai, pour la première fois, elle avait eu peur. Curieusement, elle n'avait jamais eu peur des menaces de Rogue. Mais lui... Il était devenu dangereux et elle avait dû sortir sa baguette pour qu'il se calme. Plus jamais elle ne s'était ensuite retrouée seule avec lui. Elle s'arrangeait toujours pour qu'il y ait quelqu'un. Mais ça... Il valait mieux qu'elle le garde pour elle. Le dire à Ricardo serait mauvais... Il s'énerverait, encore...

- Je vois. Des commentaires, sur ceux que tu as observés ? D'ailleurs...

Elle resta silencieuse et un fin sourire enigmatique se dessina sur ses lèvres. Elle préférait ne rien lui dire tout de suite. Elle préférait entretenir le mystère. Elle voulait qu'il réfléchisse sérieusement à sa proposition et savait pertinemment que si elle lui disait ceux qu'elle avait repéré, il lui dirait de choisir un de ceux-là plutôt que lui. Elle termina donc sa tasse de thé.

- Quels gardiens souhaient quitter leurs équipes ? Il ne me semblait pas qu'il y ait tant de transferts prévus cette année...

De nouveau, elle laissa sa question sans réponse et se leva. Elle s'approcha de lui par derrière et entoura les hanches de l'infirmier de ses bras fins mais musclés avant de déposer un baiser dans le cou de Ricardo.

"Je vais te laisser..."lui glissa-t-elle à l'oreille avant de s'écarter pour se diriger vers la porte.

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Dernière édition par le Jeu 27 Déc - 0:23, édité 1 fois
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Ricardo Queiros Lopes
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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   Jeu 27 Déc - 0:01

Ricardo ne savait rien des tensions dans l'équipe, et était bien loin de se douter des souvenirs qui traversaient l'esprit de la jeune femme. Oh ! Il valait sans doute mieux qu'il n'en sache rien d'ailleurs, car de telles menaces envers elle ne serait sans doute pas restées sans réaction... pour le moins violente de sa part. Elle n'avait pas souhaité répondre à ses questions, manifestement, étant donné le silence qui s'imposait, et ce petit sourire qu'elle arborait était des plus révélateurs.

Bon... Elle termina son thé et se leva, ce qui lui fit lever la tête. Comme elle passait derrière lui pour l'enlacer, et déposait un baiser dans son cou, il ferma un instant les yeux, mais ce qu'elle lui murmura le fit réagir aussitôt, et alors qu'elle amorçait un geste pour s'écarter de lui et rejoindre la porte, il se leva à son tour, attrappant son bras et l'attirant à lui. Non, pas déjà. Il refusait de la laisser partir aussi vite. C'était idiot, la laisser traverser l'infirmerie et vaquer à ses occupations n'effacerait pas les quelques heures qui venaient de s'écouler, mais c'était plus fort que lui.

Une main dans les cheveux de l'ancienne gryffondor, l'autre enserrant sa taille, il déposa un baiser sur son front. Il allait bien falloir pourtant, qu'il la laisse s'éloigner, il ne pouvait la garder auprès de lui indéfiniment... Un soupir passa ses lèvres et il ferma encore un instant les yeux avant de souffler à voix basse.

- J'y réfléchirai, d'accord ? Laisse moi juste... Un peu de temps...

Oui, c'est ça. Du temps. Il allait en falloir, et peut-être plus qu'un peu pour qu'il parvienne à se décider. L'idée de reprendre son rôle de gardien était tentante, il en avait rêvé tant de fois mais... Il y avait beaucoup de choses qu'il fallait encore qu'il remette en ordre ses pensées. Et sitôt qu'il y songeait, une ombre noire se dressait dans son esprit. Et si cela se reproduisait ? Comment réagirait-il ? Ca n'était pas pour rien, ni par simple protestation, qu'il n'était pas remonté sur un balai ces deux dernières années. Il avait beau tâcher de taire ce fait, il ne pouvait complètement le nier. Mais il refusait tout autant de l'avouer, comme si l'admettre pouvait donner corps à ses craintes...

Finalement, il relâcha son étreinte et esquissa un pâle sourire à la prof de vol.

- Allez, je ne devrais pas te monopoliser plus longtemps... Tu as sans doute bien assez à faire...

Un dernier baiser, et il s'écarta légèrement, comme pour lui laisser le champ libre.

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MessageSujet: Re: Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)   

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Chapitre 2 / Discussion au coin du feu (1995)
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